Von Griechenland

samedi 10 mars 2018, 15h45

Salle Georges Franju

15h45 17h55 (129 min)

Peter Nestler
République fédérale d'Allemagne / 1965 / 28 min / 16 mm / VOSTF

Avec Peter Nestler.

La Grèce juste avant le coup d'État militaire de 1967. Peter Nestler filme avec respect et sensibilité le peuple grec et réalise une œuvre mêlant images tournées sur le vif, commentaire et documents sur la lutte contre le fascisme.

« Puis Nestler a tourné deux longs métrages, Ödenwaldstetten et Arbeiterclub in Sheffield – ce n’est déjà plus passé à la télévision. Puis il y a eu Von Griechenland, un film très important, esthétiquement terroriste, et qui devient pour moi de plus en plus important. Alors les gens ont dit que Nestler avait un filon politique, mais il n’avait pas un filon, les événements en Grèce l’ont montré depuis.

Il était génial que les slogans de la foule ne soient pas enregistrés en son direct. Quand je dis ça, ça veut dire quelque chose, parce que je suis quasiment un apôtre du son direct. L’intuition géniale était que les slogans n’étaient dits que dans le commentaire, par lui. Il répétait ce que les gens disaient et criaient. »

Jean-Marie Straub


Peter Nestler
République fédérale d'Allemagne / 1965 / 41 min / 16 mm / VOSTF

Le quotidien des travailleurs de Sheffield, leur culture, leur organisation d'entraide que Peter Nestler décrit avec amour et précision. Un monde de défavorisés apparaît néanmoins vivant et fort à travers sa solidarité.

« Il y a des choses qui sont interdites à la télévision, par exemple des gens qui auraient les bons arguments pour parler des dommages de l’exploitation, parce que ce sont des ouvriers et qu’ils pourraient être compris par d’autres ouvriers. Un ouvrier de Sheffield pourrait ainsi être compris par un ouvrier de la Ruhr. »

Peter Nestler


60 min

Rencontre avec le documentariste allemand à l'issue de la projection de Von Griechenland et Ein Arbeiterclub in Sheffield.

« Le documentaire et le film de fiction ne se différencient pas tellement l'un de l'autre, quand on cherche des moments vrais. Ce qui se cache dans les images, ça peut être des parties du visage, ça peut être des gestes qui tombent juste. Les choses peuvent transmettre un sentiment de vérité que l'on ressent quand tout tombe en place. C'est très difficile à définir, mais il y a peu de cinéastes qui y parviennent.  » (Peter Nestler)

Rencontre animée par Bernard Eisenschitz.


Bernard Eisenschitz est traducteur et historien du cinéma. Auteur de nombreux ouvrages (Roman américain : les vies de Nicholas Ray, Fritz Lang au travail, Gels et dégels : une autre histoire du cinéma soviétique...), il a publié deux ouvrages aux Éditions de l'Œil : Douglas Sirk, né Detlef Sierck (2022) et prochainement, Boris Vassilievitch Barnet (2024).