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Close-Up (Abbas Kiarostami)
Close-Up (Abbas Kiarostami)

vendredi 5 janvier 2018, 14h30

Salle Henri Langlois

14h30 → 16h15 (102 min)

Close-Up
نمای نزدیک
Abbas Kiarostami
Iran / 1990 / 102 min / DCP / VOSTF

Avec Hossein Sabzian, Mohsen Makhmalbaf.

À Téhéran, Hossein Sabzian, cinéphile obsessionnel et sans emploi, ne peut résister à la tentation de se faire passer pour le cinéaste Mohsen Makhmalbaf afin de s'attirer les faveurs d'une famille bourgeoise.

« Documentaire ? Fiction ? L'un et l'autre, sans cesse et absolument. Kiarostami reconstitue un fait divers dont le cinéma est la matrice, l'enjeu, le territoire. Un imposteur se fait passer pour un cinéaste connu et entraîne une famille tout entière dans le cercle de la croyance. Il est arrêté et jugé pour cette imposture. Mais au cours du procès – filmé – l'imposteur tient un discours de vérité qui renverse la situation. Tous les personnages sont interprétés par les vrais personnages. Les reconstitutions requièrent des personnes réelles qu'elles rejouent pour le film ce qu'elles avaient déjà vécu. Elles deviennent de ce fait actrices d'elles-mêmes. Comme l'est l'imposteur à sa manière. Cet entrelacement entre réalité et jeu caractérise ce film qui reprend à des années de distance la parole prémonitoire du Carrosse d'or (Jean Renoir, 1953) : "Où finit le théâtre, où commence la vie ?" Dans l'Iran des années 90, la société semble ne plus tenir qu'à l'influence du cinéma, seule instance à même de maintenir quelque lien social, à permettre quelque rencontre entre les puissants et les faibles, les riches et les pauvres, les professionnels et les amateurs, les cinéastes et leurs spectateurs. Peut-être est-il dans le destin de chacun d'entre nous, aujourd'hui, de devenir acteur d'un film, personnage dans un film, réalisateur d'un film ? La société du spectacle est sans doute le triomphe de l'aliénation ; elle est aussi, désormais, ce par quoi chacun se trouve confronté à sa vérité, et à s'exposer au désir de l'autre. Que le spectateur y perde ses repères, qu'il les y trouve. » (Jean-Louis Comolli)