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Cinéma d'avant-garde

Les séances d'avant-garde de la Cinémathèque française ont pour vocation de montrer aux cinéphiles les classiques reconnus ou méconnus de l'histoire des avant-gardes cinématographiques, en provenance de toutes époques, tous territoires, tous champs formels.

Un vendredi par mois, la programmation permet ainsi de repenser les corpus et le patrimoine filmiques grâce à l'exploration des territoires encore négligés du cinéma expérimental, du cinéma engagé ou du cinéma scientifique, afin d'en améliorer la connaissance, la fortune critique et la sauvegarde.

Ce rendez-vous mensuel est enfin l'occasion de déceler parmi les initiatives filmiques celles qui témoignent d'une force de proposition expérimentale. Quelles formes d'organisation pratiques et formelles, quelles entreprises authentiquement critiques témoignent d'une réflexion libre, irréductible, non déterminée, que ce soit par l'appareil industriel, les consignes technologiques ou les commandes sociales ?

Infos pratiques

Tarifs

  • Plein tarif 6,50 €
  • Tarif réduit 5,50 €
  • Moins de 18 ans 4 €
  • Carte Ciné Famille Adultes 5 €
  • Carte Ciné Famille Enfants 3 €
  • Libre Pass Gratuit

Ouverture des ventes en ligne le 23/08 à 12h

Formules d'abonnement

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Carte amortie à partir de deux séances par mois.

Invitations et réductions pour toute la famille durant toute une année.

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Nouveau 

6 places de cinéma à utiliser en toute liberté, seul ou accompagné.

Dans les salles

Films, rencontres, conférences, spectacles

La dynastie Sojcher

« Déposition. Désordre. Faille quelque part, de toutes parts et rire, oui, par étages, jusqu'au pleinvide. Déroute donc pour l'évidence. »
Jacques Sojcher, La démarche poétique (1976).

Le cinéma européen – territoire que revendique Frédéric Sojcher – compte quelques dynasties au travail depuis trois générations : les Renoir, les Buñuel, les De Filippo, les De Sica-Verdone, les Brasseur, les Garrel... Dans la famille Sojcher, voici le grand-père : Jacques, philosophe et professeur, auteur de (entre autres) La Question et le Sens. Esthétique de Nietzsche (1972), La Démarche poétique. Lieux et sens de la poésie contemporaine (1976) et huit recueils de poésie chez Fata Morgana(1976- 2016) ; mais aussi acteur pour André Delvaux, puis acteur et scénariste pour Claudio Pazienza, qui fut son élève.
Voici le père : Frédéric, cinéaste et professeur, auteur de 16 films et presque autant de livres, parmi lesquels La kermesse héroïque du cinéma belge (1999, sa Thèse de doctorat), Le Manifeste du cinéaste (2006), Pratiques du cinéma (2011). Tandis que les livres en toute rigueur étudient les conditions de possibilité économiques, professionnelles et culturelles du cinéma, les films en toute liberté inventent leur propre style, celui de la fantaisie exégétique. Loin de l'antique Ars pœtica, des Fabrica réflexives et plus encore des déconstructions critiques, les fables de Frédéric Sojcher, souvent organisées selon le mode de l'enquête, interrogent des films hypothétiques et perdus (Hitler à Hollywood, 2011), des scènes ratées (Climax, 2009), des économies de l'impossible (Cinéastes à tout prix, 2004)... et décrivent comment une œuvre digne de ce nom crée sa propre forme, aussi cabossée soit-elle, à force de buter contre le principe de réel. « Ne sais-tu toujours pas ce dont on a besoin, pour multiplier sa force par dix ? — De partisans ? – De zéros !! » (Nietzsche, 1888). À cet égard, les comédies exégétiques de Frédéric Sojcher constituent une sorte de diptyque spontané avec le travail de son compatriote le plasticien Eric Duyckaerts dynamitant les codes de la leçon de choses.
Voici la fille : Nastasjia, qui à son tour s'enquiert d'un métier et de techniques qui dès l'origine se trouvaient au centre des préoccupations du père (A comme Acteur, 1995) et, au-delà, sur le désir du grand-père qui « a toujours rêvé, lui aussi, d'être acteur » (Je veux être actrice, 2015). Souvent, les films de Frédéric offrent des galeries de portraits, des rondes à la manière d'Ophüls (le père, Max), protocole le plus simple et franc pour observer à nu le seul phénomène qui vaille : l'apparition d'un visage devant une caméra. À Nastasjia incombe d'élucider le mystère de la parousie profane pour à son tour officier.
Dans cet univers loufoque, l'antagoniste se nomme « Viva World », c'est la mondialisation fallacieuse et assassine des cultures, des artisanats, des excentricités, contre laquelle ensemble les Sojcher dressent leurs énergies, leurs singulières puissances de vie, puisqu'« un film vivant est un film qui ne ressemble à aucun autre » (Frédéric Sojcher).
Nicole Brenez.

Partenaires et remerciements

Fabrice Aragno, Jean-Paul Battaggia, Eponine Momenceau, Olivier Dury, l'ENS Louis Lumière, tous les auteurs, ayants-droit et distributeurs. <br>Garance Decugis, Pauline de Bœver, Olivier Hadouchi, Luc Moullet, Raphaël Pillosio, Jackie Raynal, Isabelle Raindre, l'Institut Lumière, Catherine Delvaux, Frédéric Remouchamps, La Cinémathèque royale de Belgique.